
Pompier volontaire : quel salaire, ou plutôt quelle indemnité, par garde et par mois ?
18 octobre 2026Quand on s’intéresse au salaire d’un pompier volontaire, la première surprise vient du vocabulaire. Le sapeur-pompier volontaire (SPV) n’est pas salarié de son service d’incendie : il s’engage librement et perçoit des indemnités calculées à l’heure. Voici les ordres de grandeur, la façon dont ils se calculent, puis les avantages qui s’ajoutent au statut.
Combien gagne un pompier volontaire en 2026 ? Une indemnité, pas un salaire
Un sapeur-pompier volontaire reçoit une indemnité pour chaque heure consacrée aux activités opérationnelles (départs en intervention, gardes) et à la formation. Pour un sapeur débutant, le taux horaire se situe autour de 8 à 9 euros. Il grimpe avec le grade pour atteindre une quinzaine d’euros chez les officiers.
Le montant mensuel dépend donc entièrement de la disponibilité, et vous pouvez approfondir ce calcul dans notre guide sur les indemnités par garde et par mois. Certains SPV touchent quelques dizaines d’euros par mois parce qu’ils interviennent peu. D’autres, très investis dans un centre de secours chargé, dépassent plusieurs centaines d’euros mensuels. Sur l’année, on parle d’un complément de revenu, rarement d’un revenu principal.
Ces indemnités ont un avantage concret : elles ne sont ni imposables ni soumises aux cotisations sociales. Le montant versé est donc le montant réellement perçu.
Exemple express : 24 h de garde pour un sapeur
24 heures multipliées par un taux d’environ 8,5 à 9 euros donnent à peu près 200 à 215 euros. Beaucoup de SDIS appliquent toutefois un coefficient réduit sur les heures de nuit ou de repos, ce qui ramène souvent le total entre 150 et 200 euros.
Grille des indemnités par grade et taux pour les débutants
Les taux horaires sont fixés au niveau national par arrêté, puis revalorisés régulièrement. Ils dépendent du grade, c’est-à-dire de l’ancienneté, de la formation suivie et des responsabilités. Un sapeur qui s’engage commence tout en bas de l’échelle, puis passe caporal et sergent au fil de ses formations.
| Grade | Taux horaire indicatif |
|---|---|
| Sapeur | environ 8 à 9 € |
| Caporal | environ 9 à 10 € |
| Sergent | environ 11 à 12 € |
| Adjudant | environ 12 à 13 € |
| Lieutenant | environ 13 à 15 € |
| Capitaine | environ 15 à 16 € |
Ces fourchettes donnent un repère et non un barème exact. Le chiffre précis figure dans l’arrêté en vigueur, repris par chaque service départemental d’incendie et de secours (SDIS). Le plus fiable reste de demander la grille appliquée au centre de secours que l’on vise.
Calcul détaillé d’une garde de 24 h et des astreintes

Le calcul de base est simple : nombre d’heures indemnisées multiplié par le taux horaire du grade. Mais l’indemnité d’une garde de 24 heures varie selon l’organisation locale. Chaque SDIS décide, par délibération de son conseil d’administration, de la manière de rémunérer les périodes passées à la caserne en dehors des interventions.
On distingue en général trois situations. La garde postée, où le volontaire reste au centre, est indemnisée à taux plein en journée et souvent à taux réduit la nuit. L’astreinte, où il reste joignable à domicile prêt à partir, donne lieu à une indemnité plus faible, parfois forfaitaire. Enfin, chaque intervention réalisée pendant ces périodes est payée au taux plein à partir du départ.
Prenons un sergent qui effectue une garde de 24 h avec trois sorties de deux heures. À 11,50 euros de l’heure, les six heures d’intervention représentent 69 euros. Il s’y ajoute l’indemnité de garde au taux fixé par son SDIS pour les 18 heures restantes. Le total dépasse donc largement celui d’un sapeur débutant qui resterait sans sortie.
Ce qui entre dans le décompte
Les heures de formation sont indemnisées comme les activités opérationnelles, tout comme les manœuvres et certaines missions de prévention. Les trajets ne comptent généralement pas, sauf règle spécifique du SDIS. Mieux vaut vérifier le règlement intérieur avant de s’engager.
Pompier volontaire ou professionnel : la différence de rémunération
Le sapeur-pompier professionnel est un agent de la fonction publique territoriale. Il perçoit un vrai traitement mensuel, avec primes, déroulement de carrière et retraite. Un professionnel débutant gagne environ 1 900 à 2 300 euros nets par mois selon les primes, et davantage avec le grade et l’ancienneté.
Le volontaire, lui, exerce souvent un autre métier à côté et consacre une partie de son temps libre au service. Son engagement est encadré par le Code de la sécurité intérieure, avec un statut de collaborateur occasionnel du service public. La logique est différente : l’indemnité compense une disponibilité, elle ne rémunère pas un emploi à temps plein.
Pour un volontaire très disponible, certaines semaines peuvent rapporter plus qu’un petit temps partiel. Sur l’année, l’écart reste net : même avec beaucoup de gardes, le volontariat ne remplace pas le revenu d’un professionnel.
NPFR, avantages du statut et cas des mineurs de 16 et 17 ans

La prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) complète l’indemnité horaire. Elle récompense la durée de l’engagement : après une vingtaine d’années de service, le volontaire peut recevoir une rente à partir de 55 ans environ. Le SDIS finance une partie de ce dispositif, ce qui en fait un vrai bonus de fin de parcours.
Le statut ouvre aussi d’autres droits. Une couverture sociale spécifique protège le SPV en cas d’accident ou de maladie contractés en service. La formation est prise en charge par le service, et l’employeur peut conclure avec le SDIS une convention de disponibilité pour libérer le volontaire pendant ses heures de travail.
Dès 16 ans : possible, mais encadré
Les mineurs de 16 et 17 ans peuvent s’engager avec l’accord de leurs parents. Ils n’effectuent qu’une partie des missions, et leur indemnité correspond aux seules activités autorisées. Les jeunes sapeurs-pompiers, eux, suivent une formation sans être indemnisés.
Faut-il compter sur ces indemnités ?
Mieux vaut considérer l’indemnité comme un geste de reconnaissance et un complément modeste. Les motivations du volontariat tiennent d’abord à l’envie de servir, à l’esprit d’équipe et aux compétences acquises. Les montants varient trop d’un département à l’autre pour bâtir un budget dessus : avant de vous engager, interrogez le centre de secours le plus proche sur les taux appliqués et le volume moyen d’heures indemnisées.



